Dernière mise à jour: 11.07.20

 

La capoeira est un art martial dérivé des techniques de combat des peuples africains du temps de l’esclavage sur les terres brésiliennes. Lorsqu’on voit les capoeiristes, on peut croire que ce n’est pas un art martial. En effet, il est plus ludique et plus acrobatique. On le pratique d’ailleurs sur une musique, un chant et des frappements de mains.

 

Le berimbau

On peut dire qu’il n’y a pas de capoeira sans berimbau. C’est cet instrument qui va diriger la roda. Il est composé de plusieurs éléments, dont la « verga ». Ce dernier ressemble à un bâton courbé ayant un diamètre entre 15 et 25 mm et une longueur entre 1,20 et 1,50 m. Ce corps est fait dans du bois solide, souple et léger et l’essence la plus utilisée pour sa fabrication est le « biriba ». Sur cette « verga », on a un fil d’acier tendu sur ses deux extrémités : c’est l’« arame ».

Sur le berimbau, on a aussi la « cabaça » qui est la calebasse sèche, évidée et ouverte. Elle est dotée d’une « barbante » qui est un anneau de ficelle fait dans de la « prizilha ». Elle est installée à l’opposé de son ouverture et rejoint la partie inférieure de la verga et de l’arame. C’est cette cabaça qui va produire en partie la sonorité. Pour frapper sur la corde, on utilise la « baqueta ». C’est une baguette en bois faisant quelques dizaines de centimètres. Vous remarquerez aussi que le musicien tiendra dans sa main une « caixixi ». Fabriquée dans du « junco » tressé, elle est située sur un coin de la calebasse et elle est remplie d’une trentaine de graines qu’on appelle les « tento ». La pierre ou le jeton de métal sur cet instrument est le « dobrao ».

Vous remarquerez que lors d’une roda, on a souvent un jeu de trois berimbaus. Ils ne produisent pas la même sonorité. Celui qui a un son plus grave et plus puissant est le « gunga ». Il donne le rythme de base à toute la composition musicale. Il se distingue des autres berimbaus par sa calebasse qui est plus volumineuse.

L’instrument avec la calebasse un peu moins volumineuse est le « medio ». Sa sonorité reste puissante et celui qui le tient grâce à certaines manipulations peut même modifier le rythme de la composition. Le dernier berimbau est le « viola » et c’est le plus petit de la collection. Sa petite taille explique le son qui est moins grave. De nombreuses variations s’offrent à son joueur et malgré sa sonorité, on peut très bien l’entendre.

 

 

Le pandeiro

Cet instrument de percussion est un tambourin à cymbalettes. Il appartient bien évidemment à la famille des « membranophones ». Dans cette musique pour la capoeira, il apporte une rythmique spécifique soutenant la cadence des berimbaus. On peut faire des variations et des envolées de rythmes, ce qui va apporter plus d’énergie aux mouvements lors de la capoeira.

À ses débuts, le pandeiro était utilisé par les religieux pour accompagner leurs processions. Ils s’en servent encore d’ailleurs aujourd’hui et on l’entend dans de nombreux styles misucaux brésiliens et afro-brésiliens.

Le tambourin est composé d’un cadre circulaire qui peut être en bois, en plastique ou en métal. Dessus, on retrouve une peau de chèvre ou d’un autre animal ou une membrane plastique.

Ce revêtement est fixé par clouage, par collage ou par cerclage accordé par des clefs. Sur les bords du cadre, il y a de petites cymbalettes métalliques. Leur nombre peut varier selon les modèles. Elles apportent une texture festive à la batéria de capoeira.

 

L’atabaque

Si on se réfère à l’importance du berimbau dans la musique de la capoeira, on pourrait croire qu’il est le premier instrument utilisé dans ce domaine. Ce n’est pas le cas, car la première place appartient à l’atabaque. Ce dernier est un instrument à percussion très primaire. Il prend la forme d’un tambour conique et il est fait tout en bois, la plupart du temps en lattes de bois de Jacaranda.

Celles-ci sont assemblées et serrées avec plusieurs cerclages de fer comme des tonneaux en bois. L’atabaque ressemble un peu aux congas. Sa caisse de résonance est ouverte aux deux extrémités. Sur la base supérieure de l’atabaque, on a une peau de bœuf qui est ajustée et accordée.

Dans la composition, il accompagne les berimbaus tout en maintenant le rythme du jeu. On peut confondre son rôle avec celui du gunga qui, lui, dicte la vitesse et le type de jeu. Lorsqu’on le joue, on le place sur un support en bois ou en métal tout en l’inclinant légèrement vers soi.

Dans la collection des atabaques, on peut trouver le « rum » qui est le modèle le plus grand et qui procure une sonorité plus grave. Il y a le « lê » qui est le plus petit et qui offre un son plus aigu. Entre les deux modèles, on a l’intermédiaire qui est le « rum-pi ». Cependant, dans la capoeira, on n’utilise qu’un seul atabaque.

 

 

L’agogô

Cet instrument est de la famille des percussions idiophones. Il est disponible dans différentes tailles et il est connu sous différentes appellations : « akoko », « Ngongué ». Aujourd’hui, le modèle d’agogô le plus répandu est celui avec deux cloches de fer reliées entre elles. On a tout de même des agogôs avec trois, quatre ou cinq cloches.

Elles peuvent aussi être en bois. Ces cloches se percutent grâce à une baguette. Selon le modèle, elles peuvent être accordées par intervalles d’un tiers, d’un quart ou d’un cinquième de ton. Le type d’agogô utilisé en capoeira est fait à partir d’une tige de bois et de cloches réalisées dans des castanha do Parà qui sont des fruits.

 

Le reco-reco

Il s’agit d’un autre instrument de percussion utilisé dans la musique de la capoeira. Il appartient plus à la famille des racloirs. Il ressemble beaucoup au « güiro » qui est un instrument originaire du Cuba. Le reco-reco est réalisé dans une tige de bambou d’environ 30 cm de long. On taille sur celle-ci des striures plus ou moins espacées et sa surface est ondulée et poncée avec une baguette. Cet instrument fait un son aigu, mais granuleux dans une composition musicale. 

 

 

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