Dernière mise à jour: 11.07.20

 

Quasiment chaque culture du monde a ses instruments à percussion comme le tambour. Il en existe de toutes les formes et de toutes les sonorités. Certains ont évolué dans le temps tandis que d’autres ont gardé leur aspect et fonction d’origine. Nous allons en découvrir quelques-uns.

 

Les origines du tambour

L’origine historique du tambour n’est pas clairement définie. Les témoignages les plus fiables sont ceux consignés par écrit issus des civilisations du Moyen-Orient. Les cultures de tradition orale attribuent la provenance du tambour à des origines mystiques et surnaturelles. Il est toutefois accepté que le tambour soit indissociable de la danse comme les autres instruments à percussion. Le rythme était donné au départ par le battement des mains et/ou des pieds piétinant le sol.

Les mouvements du corps agitaient des pièces métalliques, de bois ou de tout autre matériau dur. Le son rythmé était ensuite créé en tapant sur un tronc creux. Puis des peaux animales ont été tendues sur des fûts ou cadres. Et c’est ainsi que les différents tambours ont pris forme. Chaque culture a adopté un design et une fonction à ces instruments. Les matériaux ont été également choisis en fonction des ressources disponibles dans chaque région.

Les premières traces de tambours, ou du moins de membranophones, ont été retrouvées en Égypte et en Mésopotamie. Elles datent d’environ 2500 av. J.-C. Un peu plus tard apparaissent des tambours coniques dans la civilisation assyrienne. Ces instruments sont intimement liés aux événements religieux, populaires ou sportifs. Concernant l’étymologie, le mot tambour proviendrait probablement du persan « tambur ».

En Afrique

Le tambour est partie intégrante de la vie sociale et religieuse de l’Afrique. Il en existe quasiment autant de formes et de sons qu’il y a de tribus. Il n’est pas un simple instrument de musique. En effet, il est aussi un moyen de transmettre un message à distance, un objet rituel ou encore un patrimoine historique. Le tambour africain est souvent appelé tam-tam dans la culture populaire.

Ce terme ne désigne pourtant qu’une catégorie de tambours idiophones. En fait, l’Afrique dispose d’une grande richesse en termes de percussions. Elles peuvent être classées en grandes régions ou selon leur forme. On peut ainsi distinguer les tambours cylindriques largement utilisés en Afrique centrale. Parmi eux se trouve le ng’oma ou ingoma. Il s’agit d’un tronc d’arbre évidé avec une peau de chèvre ou d’antilope. Il y a également les tambours de forme cintrée, en sablier, aussi appelés tambours d’aisselle. Ils sont constitués de 2 peaux tendues au moyen d’un laçage de cordes.

Le kalungu d’Afrique occidentale (Niger, Nigéria, Sénégal) en est un exemple. Il est joué avec une baguette courbe. La tension des membranes pouvant varier, la diversité des sons est par conséquent très riche. Ce genre de tambour est qualifié de « parlant » car il reproduit certaines sonorités du langage. Les tambours coniques se retrouvent également en Afrique. Ils sont généralement à 2 membranes et sont de formes et de tailles variables. Les tambours à fente, eux, sont creusés dans un tronc d’arbre à partir d’une fente. On y joue en frappant dessus à l’aide de 2 bâtons. Il servait principalement à transmettre des messages aux villages voisins. Le son peut s’entendre jusqu’à 15 km.

Le djembé fait classe à part. En forme de calice ou de mortier, il est surmonté d’une peau tendue à l’aide de cordes. Originaire d’Afrique de l’Ouest, il est popularisé dans le monde entre 1950 et 1980. Le son de ce tambour s’intègre parfaitement à tous les styles musicaux.

La plupart des tambours africains sont richement décorés de sculptures ou de pyrogravures. Les plus beaux et les plus anciens sont conservés dans des collections publiques ou privées. De nombreuses populations en utilisent encore lors de fêtes ou autres événements.  

 

En Asie

Les tambours ont été largement perfectionnés par les civilisations d’Extrême-Orient. Au Japon, par exemple, se trouve le taiko ou wadaiko (littéralement « tambour japonais »). Il y a été introduit entre le Ve et le VIIe siècle. Sa pratique n’a quasiment pas changé. Il s’agit d’un mélange entre musique, art martial et danse. En Chine, le tambour rouge avait également sa place pour chaque cérémonie qu’il s’agissait d’un mariage ou de funérailles.  

 

En Amérique

Les tribus amérindiennes accordent une grande importance au tambour dans leurs rites chamaniques. Leurs instruments sont un cadre en bois sur lequel est tendue une peau de cerf ou de bison.

Le bois peut être un tronc sculpté et évidé ou un morceau courbé. La tension de la peau est assurée par des lanières qui peuvent se rejoindre au centre. 2 sortes de tambours existent généralement : un petit avec un diamètre de 30 cm et un grand avec un diamètre allant de 60 à 90 cm. Ils se jouent avec une mailloche adaptée. Ce sont des instruments utilisés par les peuples autochtones avant la colonisation. Toutefois, ces tambours sont encore fabriqués de nos jours.

En Amérique latine, plusieurs types de tambours sont présents. Ils sont pour la plupart hérités de modèles africains, asiatiques ou européens. Ainsi, la conga cubaine à long fût descend de tambours bantous. Quant au pandeiro brésilien, il est un genre de tambourin dérivé du tar arabo-andalou.


En Europe

Au Moyen-Âge, les tambours précédaient des annonces officielles. Au fil du temps, ils ont été employés pour donner des ordres sur le champ de bataille. Actuellement, cette utilisation militaire a encore cours. Le tambour peut, soit jouer seul, soit être accompagné de cuivres tel que le clairon. Pour cela, la caisse claire est la plus souvent employée.

 

De nos jours

La batterie est la version purement musicale et moderne des tambours. Cet assemblage de percussions est né des besoins du jazz notamment. Les toms sont issus des tambours africains et amérindiens. Ils se jouent avec différents types de baguettes et balais, en bois ou métalliques. Les fûts sont toujours en bois mais les membranes sont passées du naturel au synthétique. Elles sont ainsi moins sujettes aux variations de température et d’humidité de l’environnement. Le réglage de la tension est simplifié grâce à des vis sur le cerclage.

 

 

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