Dernière mise à jour: 21.11.19

 

La flûte de pan est un des instruments de musique péruviens hérités des Andins à l’ère pré inca. Elle permet de jouer des mélodies andines avec ses nombreux tuyaux accordés diatoniquement.

 

Un instrument associé à la culture et aux danses du Pérou

Pérou est un pays riche en musiques héritées des différentes étapes de son histoire. Elles ont été influencées par divers styles venant de plusieurs pays, ce qui en fait des mélodies métissées et colorées à la fois. Les Andins ont pu conserver de nombreux types d’instruments, à l’ère pré inca. Ils incluent la zampoña. Il s’agit, en effet, d’une flûte de pan idéale pour jouer El Condor Pasa.

Elle fait partie des fameux instruments de musique péruviens, tout comme la quena, une flûte en bois au son original et le charango, une minuscule guitare composée de douze cordes et d’harmonies aigües. L’on distingue encore le pututo, un type de coquillage à souffler de la même manière qu’une corne tyrolienne. Ces instruments Andins sont utilisés dans les communautés pour diverses animations. Ils sont également joués pour différents types de danses. L’on peut citer, à titre d’exemple, le huyano, la musique la plus classique de Pérou. Elle associe mélodie et danse extraordinaire des Andes.

Sur les périphériques du Pays, l’on constate les influences des mélodies afro-américaines. Le landó se joue à l’aide de tambours et du cajon. Ce dernier  est une caisse de résonance qui s’utilise comme une percussion. En plus de ces principaux styles musicaux, les mélodies modernes sont mises à l’honneur. Elles sont issues du mélange de divers styles. La musique chicha est, à titre d’exemple, le fruit de l’assemblage des sonorités de plusieurs instruments andins ainsi que des rythmes de la cumbia issus de Colombie. Elle est aussi influencée par le style rock qui envahit toute l’Amérique Latine, afin de donner lieu à un tout nouveau style baptisé « Los Shapis ».  

 

 

Qu’est-ce qu’une flûte de pan ?

La flûte de pan, appelée aussi syrinx est un instrument à vent. Il se compose de tuyaux en roseau de longueurs différentes qui forment un rang et se fixent entre eux à l’aide de la cire. Certains fabricants utilisent également le métal, la terre glaise ou le bois comme outil de fixation. Ces tuyaux sont généralement obstrués au niveau de leur base.   

La syrinx se distingue des autres instruments de musique par la manière dont il s’utilise. En effet, l’interprète doit commencer par mettre l’orifice supérieur de l’outil entre ses lèvres. Puis, il n’a qu’à les glisser, afin que chaque tuyau émette une note différente. À noter que cet instrument gagnait de l’ampleur dans les cultures néolithiques, notamment en Amérique du Sud et en Mélanésie. 

La flûte de pan fait office d’un instrument de berger, en Europe et dans les Pyrénées. Pourtant, elle est considérée comme un compagnon idéal des violoneux chevronnés, en Roumanie. Baptisé « naï », leur instrument est constitué de 19 à 22 tuyaux bénéficiant d’un accord diatonique. Pour jouer sur les demi-tons, l’interprète doit incliner les tuyaux vers ses lèvres.

 

Un instrument envahissant les quatre coins du monde

Le naï ou encore la syrinx est actuellement utilisé dans de nombreux pays du monde, notamment en Asie, en Afrique, en Europe, en Océanie et en Amérique du Sud. Cet instrument à vent est formé de divers éléments et matériaux, dont des tubes et chaumes. Il est aussi constitué de bois, de verre, de PVC et de faits de bambou. Certains modèles contemporains sont même à base de cuivre. Ces divers éléments sont arrangés en enfilade avec un diamètre et de longueur différente. Cette disposition permet d’avoir facilement de sons de différents types. 

Chaque musicien a sa manière de manier le pinceau d’air. Ce dernier entre, en effet, en contact avec le biseau de chacun des tubes pour avoir un son différent en hauteur, en timbre et en intensité.

 

 

Terme générique regroupant plusieurs types d’instruments 

La flûte de pan désigne un terme générique regroupant de nombreux types de flûtes. Ils sont tous fabriqués à partir d’une technique d’assemblage de chaumes. Mais chaque flûtiste est libre de laisser libre cours à son imagination pour avoir le design  qui répond à ses besoins et à ses préférences. Voilà pourquoi il existe plusieurs catégories de ce genre d’instrument de musique. Effectivement, elles se distinguent par leur morphologie et leur degré de courbure. 

Le Naï roumain est, à titre d’exemple, une flûte de pan avec une embouchure courbée. Alliant légèreté et rapidité, il va bel et bien de pair avec les danses folkloriques. Avec sa finesse, il permet au flûtiste de travailler le timbre de la musique. Ses tubes sont fixés entre eux de manière très solide. Il faut, toutefois, jouer sur l’accordage à l’aide de la cire d’abeille, afin d’avoir la hauteur souhaitée. Ce type de flûte de pan a été exploité par de nombreux artistes, dont Fanica Luca, le pionnier en exportation de flûtes de pan à travers l’Europe. Georges ZAMFIR, quant à lui, a participé à la popularisation de l’instrument avec l’organiste Marcel Cellier.  

L’on distingue aussi le Siku ou encore la Zampoña. Cette flûte de pan des Andes est issue de l’agencement de plusieurs tubes fermés. À l’origine, il s’agissait d’un instrument droit qui se compose de nombreuses rangées de tubes. Au fil des années, il a imité le modèle roumain et se déclinait sous de nombreuses variétés. Elles se distinguent par l’accord et la tessiture. À noter que certains musiciens des Andes utilisent actuellement des flûtes courbes inspirées des modèles roumains.  

 

Instrument chargé d’histoire

L’histoire de la flûte de pan est rattachée à la mythologie grecque. Cette appellation est tirée du nom de Pan, un mi-homme mi-animal originaire d’Acardie. Il jouait le rôle du dieu de la nature, des bergers ainsi que des pâturages.  Spécialement pour la nature, il était connu comme le dieu de la fécondité et de la fertilité. Passionné par la création du son, il se familiarisait avec la musique, sans omettre le calme et la détente. Il serait à l’origine de cet instrument à vent qui est désormais mis à disposition de tous les musiciens, quel que soit leur niveau.