Dernière mise à jour: 15.11.19

 

Apprendre un instrument de musique est un travail complet qui met à profit le profil physique et intellectuel du musicien. C’est une activité très complète dont les incidences se retrouvent sur le cerveau humain. Plus le musicien est assidu, plus son cerveau aurait des capacités décuplées selon certaines études. Découvrez comment cela se produit et quels sont les impacts bénéfiques de la pratique du violon sur le cerveau humain dans cet article.

 

Les bienfaits cognitifs du violon sur le corps humain

Il existe des chercheurs spécialisés dans la neurochimie de la musique. Il s’agit d’un domaine où le cerveau humain est étudié lorsqu’il apprend et joue d’un instrument de musique. Selon les résultats de cette recherche, la musique provoque la sécrétion de diverses substances chimiques. Il y a la dopamine qui est un neurotransmetteur.

C’est la sensation de plaisir que procure la maîtrise de l’instrument. Elle renforce la motivation et accélère l’endurance. La musique est d’ailleurs interdite dans les courses de marathon, car elle est apparentée à du dopage. Il y a aussi l’augmentation de la sérotonine qui provoque un effet antidépresseur. La pratique de la musique diminue également le niveau de cortisol, ce qui réduit considérablement le stress.

La neurochimie de la musique a également montré que lorsque le cerveau écoute de la musique, il est récompensé autant que lorsqu’il ingère de la nourriture ou qu’il a des relations sexuelles. Ainsi, jouer régulièrement de la musique, dans notre cas du violon, permet de réduire le stress et de trouver du plaisir. Lors de son apprentissage et surtout lorsque le musicien lit un solfège, ces avantages sont démultipliés. En effet, apprendre la synchronisation avec d’autres musiciens et d’autres instruments est très exigeant pour le cerveau qui va développer encore d’autres capacités. Cela va renforcer le plaisir ressenti et booster la confiance en soi.

 

 

Les avantages sur l’attention et la mémoire

Jouer avec un nouveau violon permet également d’améliorer l’attention et la mémoire selon les neuroscientifiques. En effet, selon plusieurs études, certaines zones du cerveau grandissent mieux et vite pour un musicien. Ce phénomène est amplifié en fonction de la complexité de l’instrument. Un violoniste professionnel a été l’objet d’une étude. Cette dernière a montré que chez les violonistes experts, la zone du cerveau qui commande la mobilité de l’index est plus développée.

Plus le violoniste va s’entraîner, plus les modifications de ce genre sont importantes. L’âge joue également un rôle dans ces modifications. Un jeune enfant apprend plus vite et donc développe plus vite ses capacités physiques et mentales qu’une personne un peu plus âgée. La pratique du violon permet également de développer une meilleure coordination puisque la connexion entre les deux hémisphères du cerveau est plus importante.

D’autre part, on peut également observer chez un enfant-musicien une meilleure performance motrice qui se manifeste par une rapidité d’acquisition du langage et de la lecture. En effet, un enfant-musicien est trois fois plus rapide pour apprendre à lire et à écrire. Certaines études montrent notamment que ces enfants peuvent maîtriser plus facilement des langues étrangères, mieux acquérir les mathématiques et affinent plus rapidement leur capacité de raisonnement.

Certains tests ont d’ailleurs révélé qu’ils auraient un QI plus élevé que les enfants non musiciens. On peut donc en conclure que la pratique de la musique permet de devenir plus intelligent.

 

Un talent inné ?

Bien que l’entraînement soit le meilleur moyen de maîtriser un instrument de musique, surtout pour le violon, il existe toutefois des personnes dont la capacité est dite innée. Elles sont juste douées pour la musique dès le plus jeune âge et finissent souvent par être des prodiges sans passer par des cours. L’origine de ce talent inné vient de la culture et de l’environnement.

Un enfant dont les parents sont musiciens a toujours fréquenté ce milieu et développe progressivement une sensibilité musicale accrue. La génétique y joue également un rôle. Une famille de musiciens, surtout celle spécialisée dans un instrument particulier, transmet ses gènes à ses descendants.

Ces derniers sont ainsi dotés d’un talent particulier. À ce jour, les scientifiques supposent que cet héritage influe sur la connectivité cérébrale de l’enfant afin de lui donner des capacités particulières, jugées innées.

 

Le violon pour mieux vieillir

La pratique d’un instrument de musique permet également de lutter contre le vieillissement du cerveau. À force d’apprendre et de mémoriser les notes et les partitions, les musiciens développent des capacités d’observation et de mémorisation exceptionnelles. Ces capacités leur permettent de développer l’aire de Broca, qui est une partie du cerveau chargé de produire et de comprendre le langage.

Cette observation a permis aux scientifiques de conclure que jouer de la musique contribue à retarder l’affaiblissement du cerveau. La fréquence d’apparition de la maladie d’Alzheimer est notamment réduite chez les violonistes professionnelles. Au fil de l’apprentissage et de la maîtrise du violon, les zones du cerveau se développent et perçoivent des stimulations continues. Cela crée ainsi de nouveaux neurones et plusieurs nouvelles connexions qui multiplient ses performances et réduit sensiblement le vieillissement du cerveau.

 

 

Les vertus thérapeutiques de la musique

Jouer du violon a ainsi des impacts certains sur le fonctionnement et le développement du cerveau. Mais il entraîne également des propriétés thérapeutiques inédites. La musique permet notamment d’apaiser l’anxiété et d’améliorer l’humeur générale des musiciens. Des études ont été menées sur des patients souffrants d’Alzheimer. La mémoire musicale chez ses patients est toujours fonctionnelle et continue d’encoder les informations.

Les chercheurs ont observé que le fait d’écouter de la musique, et notamment de nouvelles mélodies, aux patients atteints d’amnésies majeures réduit leur anxiété. Ils sont même capables de les fredonner. Même si leurs hippocampes sont dégradés, la musique atteint toujours leur cerveau et contourne les lésions cérébrales.

La musique est ainsi utilisée comme traitement thérapeutique pour les personnes dont les facultés mentales sont diminuées. Elle est utilisée pour ses vertus contre la perception de la douleur et l’anxiété. Elle améliore également la dyslexie. La musique est aussi très utilisée pour les mêmes effets dans les services de psychiatrie.

Selon des études, l’apprentissage d’un instrument de musique permet aux victimes d’un AVC, notamment du violon ou du piano, à retrouver leurs capacités motrices.